Auriculaires
Les auriculaires sont des champignons basidiomycètes, mais avec des basides de forme particulière ; elles sont cloisonnées en travers, où chaque partie (au nombre de 4) produit une excroissance digitée, appelée épibaside, sur laquelle est rattachée une spore de 18 microns, lisse en forme de saucisse (allantoïde). Les trémelles possèdent aussi des basides cloisonnées mais en long.
Deux espèces en Europe :
Auricularia auricula-judae (Oreille de Judas), Auricularia mesenterica (Oreille poilue)
-Auricularia auricula-judae (Oreille de Judas)
Champignon en forme d'oreille, recouvert dessus d'un fin velouté blanchâtre. Chair gélatineuse mais tenace, élastique, dure et cassante à l'état sec. Odeur nulle. Commun sur branches de Sureau noir (Sambucus nigra), mais aussi sur d'autres feuillus comme les aulnes. En hiver, ne craint pas le gel et au printemps.

Préparation culinaire : utilisés secs et mélangés à différentes préparations.
Plonger une demi-heure dans de l’eau tiède avant l’emploi où ils gonflent énormément. Couper en morceaux en enlevant la partie près du pied un peu coriace. Utiliser alors pour différentes préparations: blanquette de veau où ils cuisent avec la sauce ; riz cantonnais où ils cuisent avec le riz ; omelette aux oignons et aux champignons noirs ; différentes soupes etc. Ils apportent aux préparations un peu de croquant, une touche de couleur, quant au goût ils n’en ont pas beaucoup. Daniel.
Comestible mais à consommer avec modération car risque d'apparition du syndrome de Szechwan. Vendu séché sous le nom de "Champignons noirs".
On trouve sur le marché d'autres Champignons noirs cultivés, consommés dans la cuisine asiatique comme Auricularia nigricans (2013) ( = A. polytricha)


-Auriculariopsis ampla ( = Schizophyllum amplum) (Schizophylle fausse Oreille de Judas)
Chapeau (→1 cm) en forme de coupe, comme une pézize, mais hyménium dessous, lisse ou plissé, blanchâtre. Espèce faisant penser aussi à l'Oreille de Judas. Chair molle. Sur feuillus. Rare. Non comestible.

-Auricularia mesenterica (Oreille poilue, Auriculaire mésentérique)
Champignon en forme de console ondulée, zoné dessus de brun et de gris clair et recouvert de longs poils blanchâtres. Dessous lisse, veiné. Chair gélatineuse mais tenace, élastique. Odeur nulle.
Commun en plaine dans les endroits trés humides, formant d'importantes colonies sur branches de feuillus tombées au sol. Non comestible.


Auricularia mesenterica sur branche morte de feuillu, bord d'Alagnon 63, nov 2022.

Clavaires et ramaires
Les clavarioïdes sont des espèces de champignons basidiomycètes, de forme filiforme, ramifiée ou en massue. Leurs tailles varient de quelques millimètres dans le genre Typhula, à plusieurs dizaines de centimètres dans le genre Ramaria, soit environ 200 espèces regroupant une trentaine de Genres.
Les espèces en rosette, en éventail nommées stéréoïdes comme les sparassis ou les théléphores, sont classées ici.
Principales espèces :
Artomyces pyxidatus (Clavaire en chandelier), Clavaria fragilis (Clavaire vermicelle), Clavaria fumosa (Clavaire fuligineuse), Clavariadelphus pistillaris (Clavaire en pilon), Clavulina cinerea (Clavaire cendrée), Clavulina cristata (Clavaire à crêtes), Clavulina rugosa (Clavaire rugueuse), Clavulinopsis corniculata (Clavaire cornue), Clavulinopsis helvola (Clavaire lumineuse), Macrotyphula juncea (Clavaire filiforme), Phaeoclavulina flaccida (Clavaire élastique), Ramaria botrytis (Ramaire chou-fleur), Ramaria formosa (Ramaire jolie), Ramaria largentii (Ramaire de Largent), Ramaria pallida (Ramaire pâle), Ramaria sanguinea (Clavaire sanguine), Ramaria stricta (Ramaire droite), Sparassis crispa (Sparassis crépu), Sparassis brevipes (Sparassis lamelleux)....
-Artomyces pyxidatus = Clavicorona pyxidata (Clavaire en chandelier)).
Espèce très facile à identifier par la forme de ses ramifications verticales, en candélabre, terminées par une coupe dentelée.
Sur les troncs morts, couchés de feuillus (peuplier), en milieu très humide. Peu commun. Non comestible.


-Clavaria fragilis (= Cl. vermicularis) (Clavaire vermicelle)
Les espèces du genre Clavaria forment des fructifications en touffe, vermiformes, lisses, fragiles, non ramifiées. Rare. Non comestible.

-Clavaria fumosa (Clavaire fuligineuse)
Parfois considérée comme variété de Clavaria fragilis, elles poussent toutes les deux dans les prairies non fertilisées, sur sol argilo-calcaires.

-Clavulina rugosa (Clavaire rugueuse)
Fructification vermiforme, plus ou moins ramifiée, à surface granuleuse et ridée. Bois de conifères. Commun. Non comestible. Basides bisporiques.

-Clavulina cinerea (Clavaire cendrée)
Voisine de la précédente mais plus ramifiée à couleur gris cendré, violacé. Bois de feuillus. Peu commun. Non comestible. Basides bisporiques.

-Clavulina cristata (Clavaire à crêtes)
Fructification en forme de buisson épineux, très ramifié, blanc puis grisonnant, parfois contaminé par un pyrénomycète (Helminthosphaeria clavariarum), colorant la base en gris noir.
Bois de feuillus, sur débrits ligneux. Commun. Non comestible.
-Clavulinopsis corniculata (Clavaire cornue)
Espèce très ramifiée à branches courtes, arrondies aux extrémités.
Prairies rases, non fertilisées. Peu commun. Non comestible.
Ne pas confondre avec Calocera viscosa à texture caoutchouteuse.


Clavulinopsis corniculata (Clavaire cornue), prairie du Lembronnais 63, fin nov 2014.

-Clavulinopsis laeticolor (Clavaire joyeuse)
Espèce non ramifiée, sillonée longitudinalement. Pousse en groupes lâches dans les forêts de feuillus. Peu commun. non comestible.
On distingue plusieurs espèces très voisines, différenciées par la forme des spores.
- Macrotyphula juncea (Clavaire filiforme)
Espèce filiforme, très mince et longue. Dans les tapis de feuilles humides. Peu commun. Non comestible.


Une quinzaine d'espèces sont regroupées dans le genre Phaeoclavulina, difficiles à différencier sur le terrain. Sporée ochracée, spores verruqueuses à épineuses.
-Phaeoclavulina flaccida (Clavaire élastique)
Cette clavaire très commune des conifères pousse sur les tapis épais d'aiguilles d' épicéas ou sapins en formant parfois de grands cercles. Amas mycélien blanc important à la base. Non comestible.


Le genre Ramaria comprend une soixantaine d'espèces en forme de buisson, poussant au sol sur tapis d'aiguilles ou de feuilles, rattachées à du bois enterré. Sporée ochracée, spores verruqueuses à épineuses. Plusieurs espèces toxiques, une espèce comestible, Ramaria botrytis.
-Ramaria formosa (Ramaire jolie),
Ramaire assez grande, sans pied, ramifiée depuis la base. Au sol sous hêtres.
Rameaux courts, rose pâle, jaune pâle au sommet. Peu commun. Toxique, laxatif puissant.
On distingue Ramaria fagetorum à pied épais, plus colorée. Sous hêtres. Rare.


- Ramaria largentii (Ramaire de Largent)
Grande ramaire très ramifiée, orangé à pointes jaunes.
Espèce très présente dans les pessières ou sapinières de montagne. Non comestible.


Clavulinopsis corniculata (Clavaire cornue), prairie du Lembronnais 63, fin nov 2014.

-Ramaria stricta (Ramaire droite)
Ramaire très ramifiée à rameaux droits, beiges à sommets jaunes.
Sur bois pourri de feuillus ou sur tapis de feuilles. Commun. Non comestible.


-Ramaria pallida (Ramaire pâle)
Cette ramaire est une espèce à pied trapu et ramifications épaisses, de couleur beige, café au lait, parfois un peu mauve.
Très fréquente sous les feuillus en plaine. Toxique, fortes indigestions.


-Ramaria botrytis (Ramaire chou-fleur)
Ramaire trapue à ramifications courtes, blanchâtres, rose à violet au sommet.
Espèce peu commune, estivale. Sous hêtres ou sapins. Comestible mais attention aux confusions possibles avec d'autres ramaires toxique


-Ramaria fumigata (Ramaire enfumée)
Belle ramaire aux couleurs gris brun violacé plus ou moins vives, rappelant celles de Gomphus clavatus. Peu fréquent. Sous charmes et chênes en terrain argilo-calcaire. Bois de st Babel 63. Oct 2022.
-Ramaria sanguinea (Ramaire sanguine)
Espèce difficile à identifier par rapport à d'autres ramaires jaunes sauf si la présence de rouge pourpre à rouge vineux à partir de la base est avérée. Sous feuillus et conifères. Rare. Non comestible.


-Ramaria sanguinea (Ramaire sanguine), Livradois 63, sapins, sept 2015. Rare. Non comestible.

-Ramaria praecox (Ramaire précoce), Livradois 43, sapins, juin 2019. Rare, précoce. Non comestible.

-Clavariadelphus pistillaris (Clavaire en pilon), bois de la Comté 63, feuillus, oct 2022. Rare. Non comestible.

-Sparassis crispa (Sparassis crépu)
Au pied des pins sylvestres. Commun. Comestible. Recette.
Espèce très frisée, mais pas toujours. Peut-être confondu avec Sparassis brevipes à rameaux plats , moins frisés.
-Sparassis brevipes ( = Sp. laminosa) (Sparassis lamelleux)
Au pied des sapins, mais parfois aussi, des feuillus. Peu commun. Comestible.


Sparassis brevipes (40cm) au pied d'un sapin, la Croix des Sucs, St Germain l'Herm 3/09/2023

Les Théléphores sont des espèces mycorhiziennes, poussant au sol sur bois ou racines enfouies. Elles se présentent en forme de console ou rosette, ou de buisson ramifié et s'étalent parfois sur de grandes surfaces.
Spores brunes et verruqueuses. Espèces non comestibles.
-Thelephora terrestris (Théléphore terrestre)
Dans la mousse des forêts de conifères humides. Très commun. Non comestible.
Hyménium lisse, verruqueux, ridé, plus clair que le dessus du chapeau.


-Thelephora terrestris (Théléphore terrestre), bois d'épicéas, Livradois 1200m.

-Thelephora anthocephala (Théléphore à tête ramifiée)
Sous feuillus. Rare. Non comestible.

-Thelephora palmata (Théléphore à cornes palmées)
Sous conifères. Rare. Non comestible.

-Thelephora palmata (Théléphore palmé), bois d'épicéas 1200m.

-Podoscypha multizonata (Podoscyphe multizoné)
Sur racines de chêne. Très rare. Non comestible.

Phalles et clathres
Espèces nauséabondes produisant une enveloppe sphérique semi-enterrée, accrochée fortement au sol, puis se déchirant au sommet.
Principales espèces :
Phallus impudicus (Satyre puant, Phalle impudique), Mutinus caninus (Satyre du chien), Clathrus ruber (Clathre rouge, Coeur de sorcière), Clathrus archeri (Clathre d'Archer)
-Phallus impudicus (Satyre puant, Phalle impudique),
Fructification en forme de phallus atteignant 20cm,. Chapeau recouvert de la partie fertile appelée gléba contenant les spores. Odeur trés forte se reconnaissant à plusieurs mètres. Commun partout. Non comestible.
Les mouches ont entièrement consommer la partie fertile en vert olive (la gléba), en laissant un chapeau crème, alvéolé, avec une odeur maintenant agréable. Elles vont disséminer les spores non digérées par leurs excréments.


Enveloppe générale se déchirant pour permettre le développement du champignon.
Vue de l'intérieur de l'enveloppe où l'on distingue la gléba en vert olive et le pied en blanc, celui-çi étant consommable à ce stade, avec un goût de rave.


-Mutinus caninus (Satyre du chien)
Fructification en forme de phallus atteignant 10cm. Peu commun, sous feuillus. Non comestible.
-Mutinus elegans (Phalle élégant)
Fructification en forme de phallus atteignant 10cm. Rare. Sur sol sablonneux très humide. Photo prise le 24/10/2016 à la Bambouseraie d'Anduze (30). Non comestible.


-Clathrus ruber (Clathre rouge, Coeur de sorcière)
Fructification en forme de cage grillagée atteignant 10cm de diamètre. Rare. Non comestible.
-Clathrus archeri (Clathre d'Archer)
Fructification en forme d'étoile de 4 à 6 (-7) branches atteignant 7cm. Peu commun, en expansion. Non comestible.


-Clathrus ruber (Clathre rouge, Coeur de sorcière, Lanterne du diable)

-Clathrus archeri (Clathre d'Archer), Aubusson d'Auvergne (63) juillet 2023. Individu à 7 branches, rare.











