Morilles et gyromitres
Au fur et à mesure des publications mycologiques, il faut bien avouer qu’il est de plus en plus difficile de s’y retrouver en terme de morilles, de très nombreuses espèces, variétés et formes ont été publiées (plus de 200 dans le genre Morchella).
Bien qu’il s’agisse souvent de la même espèce avec des colorations ou des aspects côtelés différents, on s’est souvent évertué à vouloir les différencier.
Cette clé analytique simple permet de séparer les genres et leurs espèces « phares » :
Espèces toutes printanières sauf exception, à chapeau ressemblant à une éponge, à pied net, poussant sur le sol ou sur bois enfoui.
1) pied soudé à la marge du chapeau : Genre Morchella
1.A) chapeau alvéolé à côtes ondulées et anguleuses, directement rattaché au pied, pas de vallécule : « Groupe Esculenta » dont Morchella esculenta (Morille commune) et ses différentes colorations.
1.B) chapeau alvéolé à côtes longitudinales +/- parallèles, rattaché au pied par un sillon ou vallécule : « Groupe Elata » dont Morchella elata (Morille élevée) et ses différentes formes.
2) pied soudé au milieu du chapeau : Mitrophora semilibera (Morillon)
3) pied soudé au sommet du chapeau : Genre Verpa et Ptychoverpa
3.A) chapeau ridé à côtes ondulées : Ptychoverpa bohemica (Verpe de Bohême)
3.B) chapeau presque lisse ou plissé : Verpa digitaliformis (Verpe en forme de doigt)
4) pied soudé de manière très irrégulière : Genre Gyromitra
4.A) plutôt montagnarde, conifères : Gyromitra esculenta (Gyromitre comestible)
4.B) plutôt de plaine, taillis calcaires : Gyromitra gigas (Gyromitre géante)
4.C) en automne, montagnarde : Gyromitra infula (Gyromitre en turban)
5) pied profondément sillonné verticalement, ou lisse : Genre Helvella
6) pied subnul, chapeau en forme de coupe : Disciotis venosa (Pézize veinée), Discina perlata ( = Gyromitra perlata) (Grande pézize)
Comestibilité des morilles et gyromitres :
Rappelons que toutes les morilles sont toxiques crues ou mal cuites ; voir mode de cuisson dans le dossier çi-dessous.
Les gyromitres quant à elles sont classées mortelles et qu'il faut éviter de les consommer, même si de tradition elles sont largement appréciées.
voir Recette
voir aussi ce PDF : les morilles et espèces proches (2018)
Belle récolte de morilles et verpes.

Morchella elata séchées, en vente sur un marché de Provence.

Belle récolte de Ptychoverpa bohemica ( = Verpa bohemica)

Forme blonde de Ptychoverpa bohemica ( = Verpa bohemica)

Morchella elata (Morille élevée)

Morchella esculenta (Morille commune)

Morchella umbrina (Morille sombre)

Verpa conica (Morille conique)

Mitrophora semilibera (Morillon) sous taillis, début mai.
Vue sur l'attache du pied au chapeau de Mitrophora semilibera (Morillon)


Gyromitra esculenta (Gyromitre) sous pins.

Gyromitra infula (Gyromitre en turban) en automne.

Helvelles
Contrairement aux morilles (ci dessus), qui possèdent un chapeau alvéolé, les helvelles possèdent un chapeau formé de lobes membraneux plus ou moins repliés sur eux-mêmes, ou en forme de coupe. Le pied, creux, est formé de longs et profonds sillons interveinés, ou complètement lisse chez les espèces de taille modeste.
Chair fragile, cassante, sans odeur. On trouve les helvelles au printemps et en automne, sous feuillus et conifères.
Toutes les helvelles ( environ 20 espèces) sont toxiques. Ne pas consommer.
Rappel : les helvelles sont des ascomycètes dont la partie fertile (hyménium) se retrouve à l'exterieur du chapeau en forme de selle et à l'interieur du chapeau en forme de coupe.
- Helvella crispa (Helvelle crépue), la plus grande des helvelles, jusqu'à 15cm, avec un pied large, mais fragile, lacuneux.
Helvella crispa (Helvelle crépue), lobes du chapeau blanchâtres dessus et crème dessous. Chair cassante. Sous feuillus et résineux dès le printemps. Commun.


Helvella crispa (Helvelle crépue), lobes du chapeau blanchâtres dessus et crème dessous. Chair cassante. Sous feuillus et résineux dès le printemps. Commun.

- Helvella lacunosa (Helvelle lacuneuse) silhouette identique à l'espèce précédente, mais lobes gris noirâtres, pied blanc à gris brunâtre. Bois mêlés. Automne. Peu commun. Livradois 63.
Helvella lacunosa (Helvelle lacuneuse) jeune, à pied blanc, lobes du chapeau rabattus. Photo avril 2013, sous chênes verts, Corse.


Helvella lacunosa (Helvelle lacuneuse)
Helvella crispa (Helvelle crépue)


- Helvella sulcata (Helvelle sillonnée) est une réplique de l'Helvelle lacuneuse, mais plus petite, à lobes redressés. Débris ligneux, été, automne. peu commun. La Comté 63.

- Helvella monachella ( Helvelle moine) Chapeau noir à face interne blanche, pied blanc non sillonné. Petite espèce que l'on trouve au printemps sur terrain sablonneux. Parfois synonymisé avec Helvella leucopus (Helvelle à pied blanc).
- Helvella monachella ( Helvelle moine)
Spores lisses, elliptiques, hyalines, uniguttulées. 20x12µm.


Helvella monachella (Helvelle moine), taillis sablonneux, ripisylve, avril 2024

- Helvella elastica (Helvelle élastique), petite espèce, inférieur à 3cm. Chapeau en forme de selle, incurvé, brun clair. Dessous blanchâtre. Pied blanc, non sillonné. Sans doute plus commune qu'il n'y paraît, car difficile à voir. Au bord des chemins, sous taillis de feuillus ou conifères. Èté et automne.
- Helvella macropus (Helvelle à long pied), espèce concolore à pied long, mince, feutré comme le dessous du chapeau, ø 2 à 5cm.
Dans les forêts de feuillus et de conifères, au sol dans la mousse. Èté et automne. Peu commun.


- Helvella macropus (Helvelle à long pied)

- Helvella acetabulum (Helvelle en gobelet) facile à reconnaître avec ses grosses côtes sur le pied remontant presque au sommet de la coupe. En petit groupe sous feuillus en terrain calcaire ou sablonneux. Printannier avec les morilles. Assez commun.
- Helvella leucomelaena (Helvelle blanche et noire) de forme identique à l'espèce précédente, mais les veines du pied ne se prolongent pas sous la coupe. En petit groupe sous conifères en terrain calcaire. Printannier. Peu commun.


- Helvella acetabulum (Helvelle en gobelet) colline de Mirabel (63) le 12/05/2023.

Il existe de nombreux autres Genres et Espèces de champignons en forme de coupe, Ils sont regroupés sous le terme générique de " pézizes " .
Citons les Genres : Aleuria, Bisporella, Caloscyphera, Ciboria, Clorocyboria, Disciotis, Dumontinia, Geopora, Humaria, Lanzia, Mollisia, Peziza, Sarcosphaera, Scutellinia, Tarzetta, ...
Pyrénomycètes
Les pyrénomycètes sont des ascomycètes particuliers formant des fructifications sphériques, ovales ou piriformes, souvent charbonneuses et de couleur noire, s'ouvrant par un pore ou une fente et dans laquelle les asques sont diversement arrangés.
De très nombreux genres et espèces ont été decrites (~ 2500 espèces).
-Xylaria hypoxylon (Xylaire du bois)


-Xylaria longipes (Xylaire à long pied)

-Xylaria polymorpha (Xylaire polymorphe)


-Hypoxylon ticinense (Hypoxylon du Tessin), Sousceyrac (46), février 2025.


-Hypoxylon fragiforme (Hypoxylon en forme de fraise)

-Diatrype disciformis (Diatrype en forme de disque)

-Daldinia concentrica (Daldinie concentrique)


-Calosphaeria pulchella (Calosphère jolie)


Trémelles et assimillés
Les trémelles (s.l.) sont des champignons basidiomycètes, mais avec des basides de forme particulière; chez les espèces du genre Tremella, Exidia, Tremiscus, Pseudohydnum, elles sont cloisonnées longitudinalement, où chaque partie (au nombre de 4, parfois 2) produit une excroissance digitée, appelée épibaside, sur laquelle est rattachée une spore arrondie ou allongée, lisse, de 5 à 10 microns. Toutes les trémelles parasitent des champignons.
Les auriculaires possèdent aussi des basides cloisonnées mais en travers. D'autres, comme les espèces du genre Calocera, Dacrymyces, Ditiola, Guepiniopsis, possèdent des basides longuement fourchues à spores cloisonnées ou guttulées.
Principales espèces :
Tremella aurantia (Trémelle orangée), Tremella mesenterica (Trémelle mésentérique), Tremella foliacea (Trémelle foliacée), Exidia nigricans (Exidie noirâtre), Exidia recisa (Exidie obconique), Exidia truncata (Exidie tronquée), Guepinia helvelloides (Guépinie en Helvelle), Pseudohydnum gelatinosum (Faux-hydne gélatineux). Calocera cornea (Calocère cornée), Calocera viscosa (Calocère visqueuse), Dacrymyces stillatus (Trémelle déliquescente), Ditiola peziziformis (Trémelle en forme de pézize), ...
- Tremella aurantia (Trémelle orangée)
Champignon de forme cérébriforme, brillant. Chair gélatineuse, molle, parfois transparente. Odeur nulle.

Sur différentes branches et brindilles de feuillus, en compagnie de Stereum hirsutum (Stérée hirsute) qu'elle parasite. Commun tout l'hiver. Non comestible.

- Tremella aurantia entièrement décoloré. Rare.

- Tremella globospora (trémelle à spores globuleuses)
Sur différentes branches et brindilles de feuillus, en compagnie de divers pyrénomycètes. Rare. Non comestible.

- Tremella foliacea (Trémelle foliacée)
De forme et de consistance identique à la Trémelle orangée mais de couleur brune. Odeur nulle.
Espèce automnale sur conifères. Peu commun. Non comestible.


- Exidia nigricans ( = Exidia plana) (Exidie noirâtre)
De consistance identique aux trémelles mais chair peu épaisse, molle, cérébriforme, brillante de couleur noire. Odeur nulle.
Espèce automnale à hivernale sur divers feuillus (saules). Commun. Non comestible.


- Exidia truncata ( = Exidia glandulosa) (Exidie tronquée)
De consistance identique aux trémelles mais chair épaisse, en forme de bouton, noire. Surface externe supérieure mate ou brillante, recouverte de fines verrues isolées. Odeur nulle. Espèce automnale à hivernale sur divers feuillus. Commun. Non comestible.
- Exidia recisa (Exidie obconique)
Ressemblant à l'Exidie tronquée mais chair brune, lisse dessus, sans verrues ou pustules. Odeur nulle. Espèce automnale à hivernale sur branches de saules. Peu Commun. Non comestible.
Ne pas confondre avec l' Oreille de judas (Auricularia auricula-judae) comestible.


-Exidia thuretiana (Exidie blanche)
De consistance identique aux trémelles mais chair épaisse, blanche.
Sur branche de feuillus, surtout hêtre. Peu commun. Non comestible.
- Guepinia helvelloides (Guépinie en helvelle).
Espèce unique dans le Genre, trés facile à reconnaître. Chapeau en forme de cornet ou spatule, rose orangé, à chair épaisse, gélatineuse. Hyménium lisse ou veiné.
Saveur douce, insipide et odeur nulle. Lieux très humides, sur bois pourrissant de conifères. Peu Commun. Non comestible.


- Calocera cornea (Calocère cornue)
Les calocères (5 espèces) sont jaunes et poussent sur bois.
La Calocère cornue forme des aiguillons courts, pointus, isolés, gras au toucher. Odeur nulle. Sur bois de feuillus. Peu commun. Non comestible.
On distingue Calocera furcata (Calocère fourchue) sur conifères.
- Calocera viscosa (Calocère visqueuse)
L'allure générale fait d'emblée penser à une espèce du groupe des clavaires branchues mais la consistante de la chair, visqueuse, élastique, très coriace la différencie de celles-ci. Odeur nulle. Sur bois de conifères. Très commun. Non comestible.


- Dacrymyces stillatus (Trémelle déliquescente)
Forme de petits boutons jaunes ou orangés, gélatineux à surface lisse. Odeur nulle. Sur bois de feuillus ou de conifères. Peu commun. Non comestible.
- Femsjonia peziziformis (Trémelle en forme de pézize)
Forme des petits coussins mous en forme de coupe, de couleur jaune dessus et blanc dessous, attachés par un pied rétréci, sur bois de feuillus ou de conifères. Odeur nulle. Rare. Non comestible.


- Guepiniopsis buccina ( Fausse-guépinie en trompette)
Forme de petites coupes serrées ou isolées, jaune orangé, en trompette montée sur un pied d'environ 1cm, enflé à la base. Dessus lisse mais dessous plissé de fines nervures longitudinales. Odeur nulle. sur bois de feuillus (hêtre). Rare. Non comestible.
- Pseudohydnum gelatinosum (Faux-hydne gélatineux). Espèce unique dans le Genre, trés facile à reconnaître. Chapeau généralement en console, blanc puis brunnâtre, à chair épaisse, gélatineuse, translucide. Aiguillons blancs à sporée blanche.
Saveur douce, insipide et odeur nulle. Sur bois pourrissant de conifères. Commun. Espèce donnée comestible mais sans intérêt culinaire.

